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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 05:37
Qui est arrivé le premier, l’œuf ou le dinosaure ?

Qui est arrivé le premier, l’œuf ou le dinosaure ?

« Ce n'est pas en effet la maison qui est faite pour les briques et les pierres, mais celles-ci pour la maison : il en va de même pour tout le reste de la matière. Et ce n'est pas seulement l'induction qui nous montre qu'il en est bien ainsi, mais aussi le raisonnement. En effet, tout ce qui s'engendre naît de quelque chose et en vue de quelque chose; la génération se poursuit d'un principe à un principe, du premier qui donne le branle et a déjà une nature propre, jusqu'à une forme ou à quelqu'autre fin semblable. Car l'homme engendre l'homme et la plante la plante, selon la matière qui sert de substrat à chacun. Ainsi donc chronologiquement la matière et la génération sont nécessairement antérieures, mais logiquement, c'est l'essence et l'idée de chaque être »


Aristote


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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 06:31
979 - La tombe dit à la rose

La tombe dit à la rose :
- Des pleurs dont l'aube t'arrose
Que fais-tu, fleur des amours ?
La rose dit à la tombe :
- Que fais-tu de ce qui tombe
Dans ton gouffre ouvert toujours ?

La rose dit : - Tombeau sombre,
De ces pleurs je fais dans l'ombre
Un parfum d'ambre et de miel.
La tombe dit : - Fleur plaintive,
De chaque âme qui m'arrive
Je fais un ange du ciel !


Victor Hugo

" La tombe dit à la rose "

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 05:51
978 - Le bruit

Je me suis depuis aguerri mais je redoute toujours le bruit, le tiens pour le correspondant actuel des pestes et famines d'autrefois. J'ai commencé un poème que j'ai dû détruire à cause du bruit régnant. Il est prodigieux de voir à quel point le bruit est contraire à l"énonciation du monde en mètre et vocable, quand il souffre sans trop de dommage qu'on use de la prose pour ce même énoncé. La prose peut, à la limite, faire assez bon ménage, quelque temps, avec lui, qui est haine ; jamais la poésie, qui est amour.
Mais suffit ! A trop en parler, c'est moi qui aurais fait le plus de bruit aujourd'hui.

Jean Biès extrait du livre " Le livre des jours "

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 18:49
976 - Passage


Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver.

René Char

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 09:56
Une nouvelle aube...La poésie est un coup d'état permanent contre l'automatisme verbal. Bonne année à tous

Une nouvelle aube...La poésie est un coup d'état permanent contre l'automatisme verbal. Bonne année à tous

Où il y a des mains inventer des gestes,
où il y a des voix dérouler un chant,
où il y a un corps déployer une danse.

Où il y a l'exil planter l"enracinement,
où il y a l'oubli susciter la réminiscence,
où il y a le bavardage laisser parler le verbe.

Où il y a le savoir ranimer la saveur,
où il y a l'information fonder l'inconnaissance,
où il y a le fait divers transmettre la légende.

Où il y a le littéral élever le symbolisme,
où il y a le fragmentaire raviver l'assemblement
où il y a le divergent surprendre la coïncidence.

Où il y a la dispersion prévoir le recueillement,
où il y a l'éphémère instaurer la permanence,
où il y a la famine d'amour proposer le partage.

Où il y a la sécheresse répandre la fraîcheur,
où il y a la démesure établir la justesse,
où il y a la perte du sens allumer l'émerveillement.

Où il y a désert des cœurs sceller l'infinitude,
où il y a vent de malice libérer souffle d'esprit,
où il y a idolâtrie dresser l'adoration.

Où il y a la nuit sur le monde oser l'Alléluia.




Charte pour un autrement

Jean Biès Extrait du livre " Le livre des jours "

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 06:31
974 - IL

Par le corps l'homme vit, par l'âme il existe, par l'esprit il est.


Extrait de " Le livre des jours "

Jean Biès

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 11:14
973 - Solstice d'hiver



La Nuit de Yalda


Combien de nuits et de silence encore ?

Il est temps que je me réveille !

Et qu’avec le jour je fasse renaître le feu rieur

Si je dois brûler, alors il faut jaillir

Que l’amour m’embrase pour que je ne craigne plus la flamme

Cent champs de coquelicots ont leur source de sang


dans mon cœur

Comment pourrais-je me mêler enfin à la terre ?

Telle une montagne je me tiens assis sur une fièvre secrète

Il y aura cent tremblements de terre avant que je ne m’éveille

Alors je me lèverais et dénouerai le cœur brûlant

De ma poitrine, je laisserai couler le déluge aveugle

Comme pleurs qui nouent la gorge je tomberai des nuages

Et je suspendrai à la foudre le visage du courroux

Ô ombre ! Les veilleurs de la nuit guettent le soleil

J’ouvrirai la prison de la nuit de Yaldâ (*), je m’échapperai.

Houshang Ebtehâd (Poète iranien)

(*)Yalda est le nom persan de la nuit du solstice d’hiver

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 12:07
972 - Un matin à St Vincent la Commanderie

Un matin

Dès le matin, par mes grand'routes coutumières
Qui traversent champs et vergers,
Je suis parti clair et léger,
Le corps enveloppé de vent et de lumière.

Je vais, je ne sais où. Je vais, je suis heureux ;
C'est fête et joie en ma poitrine ;
Que m'importent droits et doctrines,
Le caillou sonne et luit sous mes talons poudreux ;

Je marche avec l'orgueil d'aimer l'air et la terre,
D'être immense et d'être fou
Et de mêler le monde et tout
A cet enivrement de vie élémentaire.

Oh ! les pas voyageurs et clairs des anciens dieux !
Je m'enfouis dans l'herbe sombre
Où les chênes versent leurs ombres
Et je baise les fleurs sur leurs bouches de feu.

Les bras fluides et doux des rivières m'accueillent ;
Je me repose et je repars,
Avec mon guide : le hasard,
Par des sentiers sous bois dont je mâche les feuilles.

Il me semble jusqu'à ce jour n'avoir vécu
Que pour mourir et non pour vivre :
Oh ! quels tombeaux creusent les livres
Et que de fronts armés y descendent vaincus !

Dites, est-il vrai qu'hier il existât des choses,
Et que des yeux quotidiens
Aient regardé, avant les miens,
Se pavoiser les fruits et s'exalter les roses !

Pour la première fois, je vois les vents vermeils
Briller dans la mer des branchages,
Mon âme humaine n'a point d'âge ;
Tout est jeune, tout est nouveau sous le soleil.

J'aime mes yeux, mes bras, mes mains, ma chair, mon torse
Et mes cheveux amples et blonds
Et je voudrais, par mes poumons,
Boire l'espace entier pour en gonfler ma force.

Oh ! ces marches à travers bois, plaines, fossés,
Où l'être chante et pleure et crie
Et se dépense avec furie
Et s'enivre de soi ainsi qu'un insensé !

Emile Verhaeren

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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 05:28
971 - Les fées

Il ne se passe jamais rien, écrivait-il,
parce que tu ne vois rien, tu n'entends rien.
Tu lèves les yeux et le soleil t'éblouit,
alors tu retournes te cacher à l'ombre...

N'y a t-il rien que tu sentes, pas même un souffle d'air ?
N'y a t-il aucun soupir caché qui t'anime ?
Ne sens-tu jamais aucune présence invisible,
aucun ange qui aurait ouvert ses ailes près de toi ?

Bref, as-tu jamais vu les fées...?
"Jamais", lui dis-je.
"Eh bien", me répondit-il, "fais trois fois le tour de l'arbre,
tu vois, l'arbre là-bas... et tu les verras..."


Chris Christipher ( Le poète qui a vu les fées )

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 06:36
970 - Illuminations


Une petite flamme de folie, si on savait comme la vie s'en éclaire !

Henry de Montherlant

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