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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 14:48
989 - Aux sources du bleu

Tu fermes les yeux, et toute ta tête se remplit de bleu


Giono

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 05:59
988 - Le château des pauvres.

Venant de très bas, de très loin,
nous arrivons au-delà .

Une longue chaîne d’amants
Sortit de la prison dont on prend l’habitude

Sur leur amour ils avaient tous juré
D’aller ensemble en se tenant la main
Ils étaient décidés à ne jamais céder
Un seul maillon de leur fraternité

La misère rampait encore sur les murs
La mort osait encore se montrer
Il n’y avait encore aucune loi parfaite
Aucun lien admirable
S’aimer était profane
S’unir était suspect

Ils voulaient s’enivrer d’eux-mêmes
Leurs yeux voulaient faire le miel
Leur coeur voulait couver le ciel
Ils aimaient l’eau par les chaleurs
Ils étaient nés pour adorer le feu l’hiver

Ils avaient trop longtemps vécu contradictoires
Dans le chaos de l’esclavage
Rongeant leur frein lourds de fatigue et de méfaits
Ils se heurtaient entre eux étouffant les plus faibles

Quand ils criaient au secours
Ils se croyaient punissables ou fous
Leur drame était le repoussoir
De la félicité des maîtres

Que des baisers désespérés les menottes aux lèvres
Sous le soleil fécond que de retours à rien
Que de vaincus par le trop-plein de leur candeur
Empoignant un poignard pour prouver leur vertu

Ils étaient couronnés de leurs nerfs détraqués
On entendait hurler merci
Merci pour la faim et la soif
Merci pour le désastre et pour la mort bénie
Merci pour l’injustice
Mais qu’en attendez-vous et l’écho répondait

Nous nous délecterons de la monotonie
Nous nous embellirons de vêtements de deuil
Nous allons vivre un jour de plus
Nous les rapaces nous les rongeurs de ténèbres
Notre aveugle appétit s’exalte dans la boue
On ne verra le ciel que sur notre tombeau

Il y avait bien loin de ce Château des pauvres
Noir de crasse et de sang
Aux révoltes prévues aux récoltes possibles

Mais l’amour a toujours des marges si sensibles
Que les forces d’espoir s’y sont réfugiées
Pour mieux se libérer.

Le château des pauvres

Paul Eluard

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 06:38
987 - Autre citadelle

Il n'est de fertile que la grande collaboration de l'un à travers l'autre. Et le geste manqué sert le geste qui réussit. Et le geste qui réussit montre le but qu'ils poursuivaient ensemble à celui qui a manqué le sien.


Extrait de " Citadelle "

Antoine de Saint Exupéry

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 08:11
986 - Citadelle


Certes, j’ai moi aussi éprouvé, au cours de ma vie, la colère, l’amertume, la haine et la soif de vengeance. Au crépuscule des batailles perdues, comme des rebellions, chaque fois que je me suis découvert impuissant, et comme enfermé en moi-même, faute de pouvoir agir, selon ma volonté, sur mes troupes en vrac que ma parole n’atteignait plus, sur mes généraux séditieux qui s’inventaient des empereurs, sur les prophètes déments qui nouaient des grappes de fidèles en poings aveugles, j’ai connu alors la tentation de l’homme de colère.

Mais tu veux corriger le passé. Tu inventes trop tard la décision heureuse. Tu recommences le pas qui t’eût sauvé, mais participe, puisque l’heure en est révolue, de la pourriture du rêve. Et certes, il est un général qui t’a conseillé selon ses calculs d’attaquer à l’ouest ; tu réinventes l’histoire. Tu escamotes le donneur de conseils. Tu attaques au nord. Autant chercher à t’ouvrir une route en soufflant contre le granit d’une montagne.
« Ah ! te dis-tu dans la corruption de ton songe, si tel n’avait point agi, si tel n’avait point parlé, si tel n’avait point dormi, si tel n’avait point cru ou refusé de croire, si tel avait été présent, si tel s’était trouvé ailleurs, alors je serais vainqueur ! »

Mais ils te narguent d’être impossibles à les effacer, comme la tache de sang du remords. Et te vient le désir de les broyer dans les supplices, pour t’en défaire. Mais empilerais-tu sur eux toutes les meules de l’empire que tu n’empêcherais point qu’ils aient été.
Faible es-tu, de même que lâche, si tu cours ainsi dans la vie à la poursuite de responsables, réinventant un passé révolu dans la pourriture de ton rêve. Et il se trouve que tu livreras, d’épuration en épuration, ton peuple entier au fossoyeur.

(…) Car il n’est point de réfractaire. Il n’est point d’individu seul. Il n’est point d’homme qui se retranche véritablement. Plus naïfs sont ceux-là que les fabricants de mirlitonneries qui te mélangent, sous prétexte de poésie l’amour, le clair de lune, l’automne, les soupirs et la brise.
« Je suis ombre, dit ton ombre, et je méprise la lumière. » Mais elle en vit.




Extrait de " Citadelle "

Antoine de Saint-Exupéry

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 06:13
985 - &


Aux dieux, il avait donné les symboles
Aux hommes, l'air
Au ciel, les branches
Aux vent, la musique
Aux animaux, les fruits
A la terre, une ombre.

Il est tombé sur le sable
Sans un bruit.

C'est le signe des grands....

Esperluette



Géco

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 05:42
984 - Poétesses

Il fait froid....Marcher encore, le corps lié au corps.

Elles avancent.

S'endorment au creux d'une roche, au creux d'un songe, son corps enveloppé par son corps, les larmes coulent dans le sable, le chagrin s'assoupit dans la nuit.

L'aube les a trouvées là, dans la rondeur splendide de l'astre. Avec la chaleur montent les odeurs de silice et d'herbes sèches. Des lézards furtifs faisaient chanter les solitudes.

Elles avancent, vont rejoindre l'infini des possibles. Elles avancent et le désert défroisse ses pétales, le sol enveloppe leurs pieds de caresses amusées de piqûres de graines en attente.

Le grondement de l'océan ne les a pas surprises, il s'est mêlé peu à peu à leurs pas feutrés.
L'enfant a regardé la femme retourner la barque, la poser sur les vagues.


Je t'apprendrai à pêcher
Je t'apprendrai à voguer

La lumière du soir les a bercées à l'orée de la lagune, choyées d'arbres, la main de la petite offerte aux bavardages des étoiles. Son corps adossé à celui de l'autre n'attendait que de grandir dans les paroles confiantes.

Je t'aiderai à aimer
Je te laisserai être.


Njel " Inta "

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 18:58
Pierrevert

Pierrevert

Un village d'or semblable à une barque portée par une vague de rocher


Giono

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 05:51
982 - Le chant du monde

Pour écouter chanter le monde il faudrait, avant tout, du silence......



Géco

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 04:35
981 - Le nid

C'est l'abbé qui fait l'église ;
C'est le roi qui fait la tour ;
Qui fait l'hiver ? C'est la bise.
Qui fait le nid ? C'est l'amour.


Extrait de " Le nid "

Victor Hugo

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 05:37
Qui est arrivé le premier, l’œuf ou le dinosaure ?

Qui est arrivé le premier, l’œuf ou le dinosaure ?

« Ce n'est pas en effet la maison qui est faite pour les briques et les pierres, mais celles-ci pour la maison : il en va de même pour tout le reste de la matière. Et ce n'est pas seulement l'induction qui nous montre qu'il en est bien ainsi, mais aussi le raisonnement. En effet, tout ce qui s'engendre naît de quelque chose et en vue de quelque chose; la génération se poursuit d'un principe à un principe, du premier qui donne le branle et a déjà une nature propre, jusqu'à une forme ou à quelqu'autre fin semblable. Car l'homme engendre l'homme et la plante la plante, selon la matière qui sert de substrat à chacun. Ainsi donc chronologiquement la matière et la génération sont nécessairement antérieures, mais logiquement, c'est l'essence et l'idée de chaque être »


Aristote


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