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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 09:56
Une nouvelle aube...La poésie est un coup d'état permanent contre l'automatisme verbal. Bonne année à tous

Une nouvelle aube...La poésie est un coup d'état permanent contre l'automatisme verbal. Bonne année à tous

Où il y a des mains inventer des gestes,
où il y a des voix dérouler un chant,
où il y a un corps déployer une danse.

Où il y a l'exil planter l"enracinement,
où il y a l'oubli susciter la réminiscence,
où il y a le bavardage laisser parler le verbe.

Où il y a le savoir ranimer la saveur,
où il y a l'information fonder l'inconnaissance,
où il y a le fait divers transmettre la légende.

Où il y a le littéral élever le symbolisme,
où il y a le fragmentaire raviver l'assemblement
où il y a le divergent surprendre la coïncidence.

Où il y a la dispersion prévoir le recueillement,
où il y a l'éphémère instaurer la permanence,
où il y a la famine d'amour proposer le partage.

Où il y a la sécheresse répandre la fraîcheur,
où il y a la démesure établir la justesse,
où il y a la perte du sens allumer l'émerveillement.

Où il y a désert des cœurs sceller l'infinitude,
où il y a vent de malice libérer souffle d'esprit,
où il y a idolâtrie dresser l'adoration.

Où il y a la nuit sur le monde oser l'Alléluia.




Charte pour un autrement

Jean Biès Extrait du livre " Le livre des jours "

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 06:31
974 - IL

Par le corps l'homme vit, par l'âme il existe, par l'esprit il est.


Extrait de " Le livre des jours "

Jean Biès

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 11:14
973 - Solstice d'hiver



La Nuit de Yalda


Combien de nuits et de silence encore ?

Il est temps que je me réveille !

Et qu’avec le jour je fasse renaître le feu rieur

Si je dois brûler, alors il faut jaillir

Que l’amour m’embrase pour que je ne craigne plus la flamme

Cent champs de coquelicots ont leur source de sang


dans mon cœur

Comment pourrais-je me mêler enfin à la terre ?

Telle une montagne je me tiens assis sur une fièvre secrète

Il y aura cent tremblements de terre avant que je ne m’éveille

Alors je me lèverais et dénouerai le cœur brûlant

De ma poitrine, je laisserai couler le déluge aveugle

Comme pleurs qui nouent la gorge je tomberai des nuages

Et je suspendrai à la foudre le visage du courroux

Ô ombre ! Les veilleurs de la nuit guettent le soleil

J’ouvrirai la prison de la nuit de Yaldâ (*), je m’échapperai.

Houshang Ebtehâd (Poète iranien)

(*)Yalda est le nom persan de la nuit du solstice d’hiver

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 12:07
972 - Un matin à St Vincent la Commanderie

Un matin

Dès le matin, par mes grand'routes coutumières
Qui traversent champs et vergers,
Je suis parti clair et léger,
Le corps enveloppé de vent et de lumière.

Je vais, je ne sais où. Je vais, je suis heureux ;
C'est fête et joie en ma poitrine ;
Que m'importent droits et doctrines,
Le caillou sonne et luit sous mes talons poudreux ;

Je marche avec l'orgueil d'aimer l'air et la terre,
D'être immense et d'être fou
Et de mêler le monde et tout
A cet enivrement de vie élémentaire.

Oh ! les pas voyageurs et clairs des anciens dieux !
Je m'enfouis dans l'herbe sombre
Où les chênes versent leurs ombres
Et je baise les fleurs sur leurs bouches de feu.

Les bras fluides et doux des rivières m'accueillent ;
Je me repose et je repars,
Avec mon guide : le hasard,
Par des sentiers sous bois dont je mâche les feuilles.

Il me semble jusqu'à ce jour n'avoir vécu
Que pour mourir et non pour vivre :
Oh ! quels tombeaux creusent les livres
Et que de fronts armés y descendent vaincus !

Dites, est-il vrai qu'hier il existât des choses,
Et que des yeux quotidiens
Aient regardé, avant les miens,
Se pavoiser les fruits et s'exalter les roses !

Pour la première fois, je vois les vents vermeils
Briller dans la mer des branchages,
Mon âme humaine n'a point d'âge ;
Tout est jeune, tout est nouveau sous le soleil.

J'aime mes yeux, mes bras, mes mains, ma chair, mon torse
Et mes cheveux amples et blonds
Et je voudrais, par mes poumons,
Boire l'espace entier pour en gonfler ma force.

Oh ! ces marches à travers bois, plaines, fossés,
Où l'être chante et pleure et crie
Et se dépense avec furie
Et s'enivre de soi ainsi qu'un insensé !

Emile Verhaeren

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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 05:28
971 - Les fées

Il ne se passe jamais rien, écrivait-il,
parce que tu ne vois rien, tu n'entends rien.
Tu lèves les yeux et le soleil t'éblouit,
alors tu retournes te cacher à l'ombre...

N'y a t-il rien que tu sentes, pas même un souffle d'air ?
N'y a t-il aucun soupir caché qui t'anime ?
Ne sens-tu jamais aucune présence invisible,
aucun ange qui aurait ouvert ses ailes près de toi ?

Bref, as-tu jamais vu les fées...?
"Jamais", lui dis-je.
"Eh bien", me répondit-il, "fais trois fois le tour de l'arbre,
tu vois, l'arbre là-bas... et tu les verras..."


Chris Christipher ( Le poète qui a vu les fées )

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 06:36
970 - Illuminations


Une petite flamme de folie, si on savait comme la vie s'en éclaire !

Henry de Montherlant

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 08:04
969 - Au-delà

" J'avais pris la canne de mon père et je marchais du pas des pionniers. Je voulais sortir de ce trou d'herbes où la ville ronronnait au chaud, me hisser sur le dos de chèvres des collines, et voir....voir ce pays d'au-delà. "

Giono

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 05:32
968 - Fleur de carotte

"Tu te souviens, dit Bobi, de la grande nuit ? Elle fermait la terre sur tous les bords.
Je me souviens.
Alors je t’ai dit : regarde là-haut, Orion-fleur de carotte, un petit paquet d’étoiles. Jourdan ne répondit pas. Il regarda Jacquou, et Randoulet, et Carle. Ils écoutaient.
Et si je t’avais dit Orion tout seul, dit Bobi, tu aurais vu les étoiles, pas plus, et, des étoiles ça n’était pas la première fois que tu en voyais, et ça n’avait pas guéri les lépreux cependant. Et si je t’avais dit : fleur de carotte tout seul, tu aurais vu seulement la fleur de carotte comme tu l’avais déjà vue mille fois sans résultat. Mais je t’ai dit : Orion-fleur de carotte, et d’abord tu m’as demandé : pardon ? pour que je répète, et je l’ai répété. Alors, tu as vu cette fleur de carotte dans le ciel et le ciel a été fleuri.
Je me souviens, dit Jourdan, à voix basse.
Et tu étais déjà un peu guéri, dis la vérité.
Oui, dit Jourdan. Bobi laissa le silence s’allonger. Il voulait voir. Tout le monde écoutait. Personne n’avait envie de parler.
De cet Orion-fleur de carotte, dit Bobi, je suis le propriétaire. Si je ne le dis pas, personne ne voit ; si je le dis tout le monde voit. Si je ne le dis pas je le garde. Si je le dis je le donne. Qu’est-ce qui vaut mieux ? Jourdan regarda droit devant lui sans répondre.
Le monde se trompe, dit Bobi. Vous croyez que c’est ce que vous gardez qui vous fait riche. On vous l’a dit. Moi je vous dis que c’est ce que vous donnez qui vous fait riche. Qu’est-ce que j’ai moi, regardez-moi. Il se dressa. Il se fit voir. Il n’avait rien. Rien que son maillot et, dessous, sa peau. Il releva ses grands bras, agita ses longues mains vides. Rien. Rien que ses bras et ses mains.
Vous n’avez pas d’autre grange que cette grange-là, dit-il en frappant la poitrine. Tout ce que vous entassez hors de votre cœur est perdu."

Giono

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 05:54
967 - Prison de la transcendance

La pire menace n’est pas dans la vitrification atomique mais dans la désertification intérieure de l’humain, le lent oubli de toute transcendance, l’insensibilité au supra-sensible, l’absence de tout vibrato métaphysique. »

Jean Biès

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 06:20
966 - La nuit n'est jamais complète.

La nuit n'est jamais complète.
Il y a toujours puisque je le dis,
Puisque je l'affirme,
Au bout du chagrin,
une fenêtre ouverte,
une fenêtre éclairée.
Il y a toujours un rêve qui veille,
désir à combler,
faim à satisfaire,
un cœur généreux,
une main tendue,
une main ouverte,
des yeux attentifs,
une vie : la vie à se partager.

Paul Éluard.















































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